
Portée sur les fonts baptismaux le lundi 10 mars 2025, CAP Côte d’Ivoire revendique 25 partis de l’opposition, dont le PDCI-RDA, qui apparaît comme la locomotive de cette coalition. À la vérité, à l’exception de ce parti phare de l’échiquier politique national, tous les 24 autres qui gravitent autour du PDCI-RDA n’en sont que de mini-satellites.
MGC de Simone Gbagbo, FPI d’Affi N’guessan : de mini-satellites
Des petits poucets qui en sont encore à trouver leurs marques dans le landerneau politique national. C’est le cas du Mouvement des générations capables (MGC), créé par l’ex-Première dame Simone Gbagbo, il y un peu plus de deux ans. En deux ans d’existence, le parti en est encore au stade de vagissement. Il est donc peu représentatif sur l’échiquier national bien que sa fondatrice ait un état de service bien rempli sur la scène politique nationale. La preuve, aux dernières élections générales de septembre 2023 auxquelles il a pris part, le MGC n’a obtenu aucun siège de député, ni de conseil municipal ou conseil régional, encore moins de sénateur. Pour le PDCI-RDA de Tidjane Thiam, avoir avec lui le MGC de Simone Gbagbo, c’est comme pêcher des alevins.
On peut dire la même chose d’Affi N’guessan et ce qu’il reste du FPI, dont il a hérité. Depuis son divorce d’avec Laurent Gbagbo et le vivier des inconditionnels de celui-ci, l’ex-Premier ministre « règne », à la vérité, à la tête d’une portion congrue de l’ancien FPI que dirigeait Laurent Gbagbo. La plupart des cadors de ce parti et le gros des Gbagbo ou Rien (GOR) ont quitté l’ancienne maison FPI, pour rejoindre le PPA-CI, le nouveau parti de Gbagbo. C’est ce qui avait fait dire au fondateur du FPI et ancien chef de l’État, qu’Affi N’guessan ne tenait entre ses mains qu’une enveloppe. Il ne croyait pas si bien dire, puisque le FPI présidé par Affi a fait piètre figure aux dernières élections générales : il n’a obtenu que 2 postes de député, aucune mairie, aucun conseil régional, aucun poste de sénateur. Tous les candidats que son parti a présentés dans plusieurs contrées du pays ont mordu la poussière. Pis, aux dernières élections municipales et régionales de septembres 2023, Affi N’guessan a été battu par la candidate du PDCI-RDA, Aka Véronique, perdant ainsi la présidence du conseil régional du Moronou. Ce FPI d’Affi N’guessan que le PDCI-RDA vient d’enrôler dans son escarcelle n’est donc pas un foudre de guerre. Disons-le tout net : c’est bras cassé.
COJEP de Blé Goudé, URD de Boni Claverie : rien que des alevins
Que dire de Blé Goudé et son COJEP ? Bien qu’il semble s’être reconverti à une pratique de la politique plus vertueuse, son parti politique est encore loin d’avoir l’épaisseur d’un parti qui compte sur l’échiquier national. Certes, il a pu entraîner avec lui, une frange de l’ex-galaxie Gbagbo dont il était le fer de lance hier, mais sa formation politique n’a pas encore un poids politique qui puisse en faire un parti phare de la vie politique nationale. On en déduit que le COJEP de Blé Goudé ne peut compter que pour du beurre dans cette coalition de partis de l’opposition, mise sur pied lundi dernier.
La preuve, s’estimant encore au stade de croissance, ce parti n’a présenté aucun candidat aux dernières élections générales de septembre 2023. L’autre figure politique bien connue dans cette CAP Côte d’Ivoire n’est autre que l’ancienne ministre de la Communication, Danielle Boni Claverie. Bien qu’elle et son parti, l’URD, aient flirté avec la galaxie Gbagbo durant la décennie passée par le FPI au pouvoir, elle n’a jamais vraiment été une figure de proue de cette mouvance présidentielle ; son parti ayant été perçu comme un menu fretin. Aujourd’hui encore, Danielle Boni Claverie et son URD restent des acteurs politiques de seconde zone. En témoigne le piètre résultat récolté par son parti aux dernières élections générales de septembre 2023 : aucun député, aucun maire, aucun président de conseil régional, aucun sénateur, sur les 11 candidats présentés par ce parti. Autant dire qu’elle et son parti ne pèsent pas un clou.
Que valent ces autres partis anonymes ?
À ces partis relativement connus, se greffent une ribambelle de partis fantoches, dont le commun des Ivoiriens ignore l’existence. Le dernier-né de ces partis dont le PDCI-RDA s’est entouré comme d’un accessoire de vêtement, n’est autre que le parti du journaliste Hermann Aboua. Présenté officiellement au grand public le 11 février 2025, ce parti à vocation écologiste a à peine un mois d’existence qu’il est enrôlé dans la coalition emmenée par le PDCI-RDA. En quoi un tel parti, sorti à peine de son état de chenille, peut-t-il être d’un apport décisif pour cette coalition de l’opposition au point de peser dans les joutes électorales qui se profilent à l’horizon ?
Ce sont autant de raisons qui font dire que ce CAP Côte d’Ivoire, qui revendique 25 partis politiques de l’opposition, n’en comptent, en réalité, qu’un seul : le PDCI-RDA. Or, ce PDCI-RDA-là ne saurait être un foudre de guerre pour le parti au pouvoir, le RHDP. En effet, sur la base des dernières élections générales de septembre 2023, on peut dire qu’il n’y a pas match entre le parti dirigé par Tidjane Thiam et celui d’Alassane Ouattara. Il faut rappeler qu’à l’issue de ces élections, le RHDP a raflé 137 députés, 125 mairies, 26 conseils régionaux et 58 sénateurs, soit un total de 346 élus ; contre 64 députés pour le PDCI-RDA, 32 mairies, 4 conseils régionaux et 6 sénateurs, soit 105 élus. On peut donc soutenir, sans risque de se tromper, que le PDCI-RDA et ses nombreux mini-satellites de CAP Côte d’Ivoire ont tort de penser qu’ils pourront renverser l’ogre RHDP à l’élection présidentielle d’octobre prochain. Un internaute le résume si bien par cette phrase caustique : « Barça + Arsenal + City + PSG, ça fait 7 trophées de Ligue des Champions, ça ne vaut même pas la moitié des trophées de Ligue des champions remportés par le Real de Madrid ». No comment.
Assane Niada