Politique

Présidentielle 2025: Tidjane Thiam en appelle à la générosité de Ouattara

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Tidjane Thiam attend un geste de clémence d’Alassane Ouattara. (Ph : DR)
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Invité du journal de TV5 dans la soirée d’hier, lundi 31 mars 2025, Tidjane Thiam a saisi l’occasion pour implorer un « geste de générosité » du président de la République, Alassane Ouattara. Tout en se disant surpris de la procédure judiciaire engagée contre lui par la déléguée PDCI-RDA, Valérie Yapo.

Appelé à se prononcer sur l’absence de l’ancien chef de l’État Laurent Gbagbo, du président du COJEP, Charles Blé Goudé et de l’ancien Premier ministre Guillaume Soro, de la liste électorale, Tidjane Thiam a émis le vœu de les voir réintégrés dans le processus électoral. Au-delà, il a invité à un scrutin inclusif. À cet effet, il en a appelé à la magnanimité du président de la République, Alassane Ouattara dont il attend un geste. « Pour qu’une démocratie fonctionne, il faut dépasser un certain nombre de conflits  qui ont posé problème à notre pays. Quels que soient les sentiments des uns et des autres, je pense qu’il faut un geste d’apaisement, de générosité, qui permettrait à chacun d’être candidat et de solder tout ce passif, une fois pour toutes. C’est pourquoi, nous en appelons à des élections inclusives », a pratiquement imploré le président du PDCI-RDA. Le disant, ne plaide-t-il pas également pour sa propre chapelle ? Toujours est-il qu’il a semblé jouer sur la corde sensible du chef de l’État en ajoutant : « En Afrique, vous êtes admiré en faisant preuve de grandeur d’âme, pas en vous vengeant, pas en écrasant. Le mode de leadership en Afrique qu’on admire, c’est plus celui qui pardonne que celui punit ».

Ce qu’il fit de la procédure judiciaire engagée par Valérie Yapo

À en croire Tidjane Thiam, c’est cette culture du pardon, instaurée par le fondateur du PDCI-RDA, Félix Houphouët-Boigny, qui a guidé la décision qu’il a prise de lever la sanction visant ses plus farouches adversaires à l’intérieur du parti, que sont Jean-Louis Billon et Valérie Yapo. Malgré la levée de la sanction qui la frappe, la dernière citée a tenu à poursuivre la procédure judiciaire engagée contre Tidjane Thiam. Réagissant à cette procédure, il a indiqué être quelque peu surpris. « Dans un esprit d’apaisement, je me suis dit qu’il fallait lever la sanction et permettre à cette personne de participer au Bureau politique. Nous sommes surpris, parce qu’on nous demande de continuer cette procédure le 2 avril. Pour nous, la procédure était morte, parce que le but de la procédure, c’était qu’elle puisse assister à la réunion. On nous dit maintenant qu’elle a changé sa demande, ce qui, selon mes avocats, n’est pas conforme à la loi », a commenté l’invité de TV5 Monde.

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Pour n’avoir pas su gérer cette dissension interne à son parti en privilégiant le dialogue, qu’il dit pourtant être une culture au sein du PDCI-RDA, Tidjane Thiam ne devrait pas être surpris par la tournure que prend cette action en justice initiée par Valérie Yapo. Plutôt que de trouver le moyen d’une conciliation, le président du PDCI-RDA et ses « ropéros » ont commencé par emprunter la voie de la sanction en radiant la déléguée et membre du Bureau politique, Valérie Yapo. Au mépris de la culture du dialogue, censée caractériser le PDCI-RDA. D’ailleurs, parlant d’elle sur le plateau de TV5, il l’a pratiquement snobée en disant qu’elle est la seule dissidente sur 392 délégués.

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Par ailleurs, à la question de savoir ce qu’il répond à ceux qui lui reprochent sa longue absence du pays, le président du PDCI-RDA s’est montré plutôt évasif. « Au contraire, la grande majorité des Ivoiriens voient cela comme un atout », a-t-il commencé par dire. Et d’ajouter : « Les Ivoiriens ne m’associent pas à ces choses qui pour eux sont négatives dans le pays ». Pourtant, il n’a pas montré qu’il a une bonne connaissance du pays profond. « J’ai sillonné le pays d’Est à l’Ouest. J’ai visité plus de 10 villes. J’ai fait des meetings et tout ça a contribué à une certaine notoriété », s’est-il borné à dire. Pour un pays qui compte 201 communes, suffit-il d’en sillonner 10 pour prétendre avoir « une certaine notoriété » ? Au total, à sept mois de la prochaine présidentielle, Tidjane Thiam en est encore à des paroles, là où les Ivoiriens attendent des projets concrets.

Assane Niada

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