Politique

Paix et cohésion en 2025: Les chefs traditionnels du Gôh prennent un engagement

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Les chefs de la région du Gôh entendent s’investir dans la préservation de la cohésion (ph:dr)
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C’était à l’occasion du lancement de la campagne pour la paix et la cohésion, en  présence de la ministre de la Cohésion nationale, de la solidarité et de la lutte contre la pauvreté, Myss Belmonde Dogo.

A l’initiative de l’ensemble des 139 chefs de village, 14 chefs de canton et 39 chefs de tribus, qui composent le département de Gagnoa, une caravane de sensibilisation sur la paix et la cohésion sociale sera sur le terrain dans quelques semaines à Gagnoa. Dans l’unanimité, les chefs ont décidé et ils disent espérer que la population suivra.

Je formule le vœu que cette initiative soit le point de départ d’une dynamique nouvelle

Au nom de ses pairs, le président du Conseil départemental des chefs de village de Gagnoa par intérim, Gnagno Kadji Adolphe, chef du village de Kpapékou, en a fait l’annonce officielle le samedi 25 janvier 2025 au foyer polyvalent de Gagnoa. « Je formule le vœu que cette initiative soit le point de départ d’une dynamique nouvelle, où les barrières se transformeront en ponts, où la peur fera place à l’espérance, et où les divisions céderont le pas à l’unité », a déclaré le président Gnagno, indiquant que cette campagne s’inscrit dans le cadre des préparatifs de l’élection présidentielle d’octobre 2025, avec pour objectif majeur de préserver l’unité et l’harmonie au sein de la communauté. Tout en rappelant que la paix constitue une « sérénité intérieure, une quiétude collective » au sein de la communauté, il a assuré qu’elle est le fruit d’une culture du « respect mutuel et de l’harmonie » dans les relations humaines, construite sur des bases d’équité, d’inclusion et de dialogue permanent. Gnagno Adolphe a pris l’engagement que toute la chefferie a la responsabilité de prôner le dialogue et de jouer le rôle de médiateurs dans les moments de tension. « Vos voix sont respectées et écoutées. Utilisez-les pour promouvoir l’entente », a-t-il dit. Moment qu’a saisi la ministre Dogo Belmonde pour rappeler à la chefferie que cette initiative est la leur, et uniquement la leur et donc, qu’ils ne devront point s’y dérober. « Demain, ne nous faites pas honte, en nous faisant courir dans tous les sens pour essayer d’éteindre les foyers de tension, de crise et d’affrontement », a insisté madame la ministre.

Selon elle, une élection apaisée passe par le respect des différences des populations. « Désolé, mais on entend parfois des gens dirent, ‘allez chez vous’ », a déploré madame la ministre, assurant que l’élection présidentielle aura du mal à être apaisée à Gagnoa, si ce type de langage ne cesse de se tenir et si les populations autochtones ne vivent pas en parfaite harmonie avec leurs frères et sœurs des autres communautés. « Vous avez donc fait le choix d’appeler à la cohésion dans une caravane. Nous vous suivons. On espère qu’on arrivera au bout ensemble, et même après fin octobre », a déclaré celle qui est aussi députée de Guibéroua-Galébré-Dignago.

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Mme Dogo qui a salué l’initiative de la chefferie, a insisté sur la nécessité pour eux, de ne pas se laisser guider sur le chemin qui n’est pas le leur, par leur enfants. « On ne vous demande pas de venir appartenir à un parti, on vous demande d’assurer un climat de paix et de cohésion, avant, pendant et durant le scrutin », a-t-elle insisté. D’un ton maternelle, Myss Belmonde Dogo a prié ses parents de Gagnoa à œuvrer chacun à son niveau, pour que l’élection présidentielle de 2025 soit apaisée dans le département et que « pour une fois, Gagnoa doit sortir de la zone rouge qui lui colle à la peau ».

La grande question est comment nous abordons les élections ici à Gagnoa

Qu’avec cette caravane, aussi bien avant et pendant les élections, qu’il n’y ait pas de troubles entre le grand Dioulabougou et les quartiers Bétés de la ville, ainsi qu’entre les campements Baoulé et les villages bétés de Gagnoa. « La grande question est comment nous abordons les élections ici à Gagnoa », a fait remarquer Dogo Belmonde. Faisant observer que depuis les années 90, le processus avant, pendant et après les élections est souvent marqué de « tension et de violence », elle a dit espérer pour la première fois, tout habitant qui ira voter en octobre 2025, revienne s’asseoir « tranquillement et sereinement » à la maison pour attendre « sagement » les résultats. Elle a conclu par une mise précise à la jeunesse en des mots simples mais durs. « Pour 2025 là, le jeune qui va s’amuser à jouer les fauteurs de troubles, ira direct en prison. Ne venez pas après m’appeler pour intervenir, ce sera peine perdue. On ne peut pas se faire justice soi-même », a-t-elle averti.
Manuel Zako

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