Éditos

Mandela, Lula Da Silva, Ousmane Sonko, Trump et le faux rêve de Gbagbo

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Laurent Gbagbo est devenu le plus grand commun diviseur (Photo :dr)
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C'est devenu pratiquement une source de motivation politique pour le Parti des peuples africains. Toutefois qu'une élection se déroule dans un pays et que celui qui remporte l’élection a eu des antécédents judiciaires ou est passé par la case prison, cela devient une fête pour les partisans de l'ancien président Laurent Gbagbo.

La dernière scène en date est la victoire de Donald Trump qui, malgré les nombreuses procédures judiciaires qui planaient sur lui, est parvenu à remporter avec, brio cette élection devant la démocrate Kamala Harris. Pour eux, si Trump qui a été ancien président comme Gbagbo et qui a aussi eu des démêlés judiciaires comme lui est parvenu à se faire élire, cela voudrait dire que Laurent Gbagbo le sera également en Côte d'Ivoire. Bien avant Donald Trump, les pro Gbagbo avaient également glosé sur le même scénario quand, depuis sa cellule de prison, Ousmane Sonko a positionné Diomaye Faye qui est parvenu à battre le parti au pouvoir au Sénégal. En 2022, ils en avaient fait autant quand le brésilien Lula Da Silva est revenu au pouvoir après un séjour carcéral. Pour mieux entretenir leur espoir, les pro Gbagbo n'hésitent pas à comparer leur mentor à l'icône de la démocratie sud-africaine, Nelson Mandela. Oui, tous ceux que l'on vient de citer ont un parcours plus ou moins semblable à celui de Laurent Gbagbo. Mais ceci est un véritable miroir aux alouettes.

Mille morts à gauche, mille morts à droite, moi j'avance

Pris un à un, Laurent Gbagbo est loin et vraiment très loin d'être comparé à Donald Trump, Lula Da Silva, Ousmane Sonko et encore moins à Nelson Mandela. Les profils de ces élus au parcours atypique sont loin de ressembler à celui de Laurent Gbagbo. En dehors de Donald Trump qui avait refusé de reconnaître sa défaite, aucun de ces anciens nouveaux présidents n'a entraîné son pays dans une guerre qui a coûté la vie à des milliers de personnes. Or, sous nos cieux, Laurent Gbagbo avait juré de conserver son pouvoir sur le sang de ses compatriotes. "Mille morts à gauche, mille morts à droite, moi j'avance", disait-il.

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Le mauvais perdant Donald Trump ne l'a pas fait aux Etats Unis encore moins Lula Da Silva au Brésil. Ce qui achève de convaincre que les parcours sont loin d'être similaires, ce sont les appareils politiques sur lesquels ces leaders se sont basés pour revenir au pouvoir. Tous étant en prison ou dans l'opposition ont travaillé pour l'union et la consolidation de leurs partis respectifs. Or chez Laurent Gbagbo, c'est tout le contraire. Il s'est même permis de laisser le parti qui l'a révélé au monde pour fonder une nouvelle formation qui peine à séduire les Ivoiriens. Plus grave, au sein de sa propre famille politique, Laurent Gbagbo est devenu le plus grand commun diviseur. Après la perte du pouvoir, il s'est mis à dos avec la plupart de ceux qui étaient le fer de lance de son combat politique.

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Il a même divorcé d'avec son épouse avec qui il a passé près d'un demi-siècle de vie commune. Aujourd'hui, il n'adresse plus la parole à Charles Blé Goudé qui était le rempart de la jeunesse et qui lui a permis de garder le pouvoir jusqu'en 2010. Voici donc l'homme qui veut se comparer à Nelson Mandela, Donald Trump ou encore à Lula Da Silva. Comme on le dit très souvent, le rêve est permis. Mais il y a des projets qui ne peuvent exister qu'en rêve. C'est le cas des pro Gbagbo. Comment un parti qui peine à assurer sa cohésion interne et dont le président s'est séparé de ses principaux soutiens peut-il rêver de revenir au pouvoir parce que cela s'est produit ailleurs ? On l'aura bien compris. Si ce n'est pas en rêve, certains projets politiques ne peuvent être réalisés. C'est le cas du PPA-CI qui pour le moment se nourrit de rêves.

 

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