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Reportage/ Une journée à la foire de l’emploi et du recrutement: Ce que les recruteurs recherchent chez les demandeurs d’emploi

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Des jeunes en quête d’emploi ou de stage attendant leur tour d’entretien.
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Les jeunes en quête d’emploi ou de stage ont afflué à la foire de l’emploi et du recrutement qui se tient depuis le lundi 3 mars 2025 au Palais de la culture. Hier, mardi 4 mars, nous les avons suivis lors des entretiens avec les recruteurs.

Le hall dédié aux rencontres entre recruteurs et demandeurs d’emploi, de stage ou de formation est bondé de monde au deuxième jour de la foire de l’emploi et du recrutement. Devant des dizaines de stands où sont installés des entreprises et cabinets de recrutement se dressent des files de jeunes, CV en main. Ils sont reçus l’un après l’autre ou quelquefois à deux par l’un ou les responsables d’entreprise commis à l’entretien avec les candidats au recrutement.

Des postulants parlent après leur entretien

A peine a-t-elle achevé son deuxième entretien de la journée devant des responsables du groupe Portéo, que nous abordons Mme Kouamé. Au chômage depuis un an, elle est titulaire d’un BTS en génie civil et bâtiment. Voilà maintenant un an qu’elle est au chômage. « Je suis en quête d’emploi. J’ai participé à deux entretiens. J’espère être retenue dans une entreprise où il m’a semblé qu’ils ont été intéressés par mon profil », nous confie-t-elle. La foire de l’emploi lui a permis de rencontrer deux entreprises qui recrutent, dont le groupe PFO. « C’est une bonne opportunité qu’on nous offre de venir faire un entretien directement avec un recruteur. Généralement, pour avoir un entretien en entreprise, il faut avoir un rendez-vous. Or, ici, on se présente directement aux employeurs », salue-t-elle l’initiative du gouvernement à travers son ministère de la Promotion de la jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique.

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Comme elle, Franck Affrébé est venu pour décrocher un emploi. Dans la quarantaine, il est au chômage depuis près de deux ans. Titulaire d’un DUT en Transit/Transport, il a travaillé pendant neuf ans dans le secteur de la logistique et de la gestion des stocks avant d’être brusquement licencié. « J’ai visité trois stands où j’ai eu un entretien. Ils ont semblé intéressés par mon expérience et ont retenu mon CV. Ils m’ont dit qu’ils vont me rappeler », se réjouit-il. Et de féliciter le gouvernement pour l’initiative de la foire de l’emploi. « Je souhaite qu’une telle initiative soit répétée parce qu’il y a plusieurs personnes qui sont en quête d’emploi. C’est une opportunité qui nous donne l’occasion d’échanger directement avec les recruteurs », renchérit ce demandeur d’emploi sénior, qui venait d’achever son troisième et dernier entretien au stand du groupe Portéo.

« Quand un CV est truffé de fautes, on voit déjà à qui on a affaire »

Directeur des ressources humaines de ladite entreprise, Charlemagne Durand fait partie du collège des responsables qui reçoivent en entretien les demandeurs d’emploi ou de stage. Selon lui, ils ont vu défiler avant-hier, lundi 4 mars, 73 postulants. Au deuxième jour, ce sont 40 qui ont été reçus à la mi-journée. « Nous avons reçu beaucoup de primo-demandeurs d’emploi. Ces jeunes ont besoin d’être accueillis dans les entreprises pour être formés. Ils ont certes le diplôme mais ils n’ont pas encore la compétence. La compétence ne vient qu’en pratiquant en entreprise. Nous comptons donc recruter certains de ces jeunes que nous allons former en entreprise », nous explique-t-il. Et d’égrener les profils recherchés par son entreprise : « Nous recherchons principalement ceux qui ont fait le génie civil. Mais il y a également les emplois transversaux : comptable, financier, ressources humaines, logistique, technicien en bâtiment ». Des échanges qu’il a eus avec nombre des postulants, il en tire une leçon parmi tant d’autres. « Il faut qu’on forme les jeunes à bien élaborer le CV car le CV, c’est la carte d’identité du candidat. Normalement, quand vous finissez de le lire, vous savez quel personnage se cache derrière le CV. Le CV ne doit pas contenir des fautes parce que nous, en tant que recruteurs, nous tenons compte de tout ça. Quand un CV est truffé de fautes, on voit déjà à qui on a affaire », conseille ce recruteur.

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Spécialisé dans le secteur industriel et le génie civil, le groupe Sannex est venu lui aussi recruter des jeunes demandeurs d’emploi autant que de stage. « Nous sommes ici dans le cadre du Programme PNSAR afin d’accompagner les jeunes ivoiriens. L’objectif, c’est d’exhorter les jeunes à s’intéresser au secteur industriel parce qu’il n’y a pas un secteur plus porteur dans le milieu industriel », nous explique son directeur juridique et directeur des ressources humaines, Joël Tchimou. Selon lui, l’entreprise a vu défiler 109 postulants au premier jour. « Il y a un réel besoin de main d’œuvre dans ce secteur d’activité. J’exhorte les jeunes à s’intéresser au secteur industriel avec ses métiers d’avenir. Etant donné que la formation de base est généralement en inadéquation avec les réalités du marché du travail, je les encourage à se former dans ces domaines d’avenir comme la soudure, la tuyauterie, la chaudronnerie, la charpente métallique », nous explique-t-il.

Un cabinet de recrutement juge les postulants

La foire de l’emploi, ce ne sont pas que des entreprises, ce sont aussi des cabinets de recrutement, au nombre desquels EMH service et EDS service. Devant le stand de ce cabinet sont alignés plusieurs jeunes. A en croire, Aréloyé Fatima, assistante dans ledit cabinet, ce sont 80 jeunes qui sont passés par leur stand au premier jour. « La plupart d’entre eux recherchaient des stages et quelques autres un emploi. Nous notons qu’il y a beaucoup de personnes en quête du premier emploi. Cette initiative est donc la bienvenue pour aider tous ceux-là », indique-t-elle. Avant de dire ce que leur cabinet recherche chez un postulant. « C’est vrai que le CV est la carte d’identité du demandeur d’emploi mais ce qui va faire la différence, c’est votre capacité à vous démarquer, à montrer que vous maîtrisez votre domaine d’activité. C’est vrai qu’on sélectionne 4 ou 5 profils mais, au final, c’est un seul qu’on retient. C’est par sa manière de monter ce qu’il sait faire mais aussi par son comportement, car la dimension comportementale compte aussi pour se démarquer », souligne-t-elle.

Assane Niada

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