
De Mamie N’Guessan N’Don, seule vivante à ce jour des femmes de la marche de Grand-Bassam en 1949 à Fleur Aké M’Bo, cadre du PPA-CI en passant par Pr Henriette Dagri Diabaté et Kandia Kamissoko Camara, ce film institutionnel démontre les actions menées par ces femmes pour leur militantisme au sein de leurs partis politiques. Pour Rebecca Yao, l’objectif de la réalisation de ce film est que les femmes comprennent mieux l’histoire politique de la Côte d’Ivoire. Elle estime toutefois que « la charge des femmes en politique n’est pas valorisée ». Âgée maintenant entre 105 et 106 ans, Mamie N’Guessan N’Don se souvient encore de cette marche historique des femmes à Grand-Bassam, réclamant la libération de prison de leurs maris.
Elle avait pour rôle de conjurer le mauvais sort à travers la danse traditionnelle Adjanou. Elle retient de cette marche, l’histoire d’un peuple qui lutte pour son indépendance. Pr Henriette Dagri Diabaté, 90 ans, 1ère femme ministre d’État en Côte d’Ivoire, Grande chancelière honoraire, a relaté ses débuts politiques auprès de Djéni Kobina, 1er secrétaire général du RDR. Elle avait été arrêtée et condamnée à la MACA pour son militantisme. « Nous avons suivi Djéni Kobina dans le RDR naissant. (…). Il faut se battre pour que vos idées apparaissent », a-t-elle conseillé à la nouvelle génération de femmes politiques. Pr Simone Ehivet, figure de proue du multipartisme a expliqué comment elle a commencé la politique depuis le collège. J’ai commencé la politique depuis la classe de 4e. Très rapidement, les problèmes se posent. « (…). Ça été dur. J’ai vraiment pris la nécessité pour que nous ayons le multipartisme. On a traqué les coups de matraque dans les rues d’Abidjan », a-telle confié. Pour Pr Jacqueline Lohoues Oble, 1ère femme d’Afrique agrégée en droit privée, l’objectif de son militantisme politique était d’aider les femmes en matière de droit. Kandia Kamissoko Camara, actuelle présidente du Sénat, a expliqué comment de ses débuts au PDCI-RDA, elle a basculé au RDR. Fatima Bamba, maire d’Anyama qui fait partie de la dernière génération de femmes politiques ivoiriennes, a exprimé sa reconnaissance au chef de l’État Alassane Ouattara qui est la clé de voûte de son entrée en politique. « C’est grâce à Alassane Ouattara que je suis connue en politique aujourd’hui. J’apporte ma pierre à la construction de l’édifice d’Anyama », a-t-elle conclu. Ce film fera bientôt l’objet d’une tournée nationale auprès de la population féminine.
Bema Bakayoko