Économie

En prospection économique en Côte d’Ivoire: Les grandes attentes du secteur de la Construction

en-prospection-economique-en-cote-divoire-les-grandes-attentes-du-secteur-de-la-construction
Le secteur des logements attend beaucoup des investisseurs nationaux et étrangers. (Photo : DR)
PARTAGEZ
À l’initiative du Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI), en collaboration avec la Chambre de Commerce de Côte d’Ivoire en Grande-Bretagne et Tony Blair institute, une importante délégation d’investisseurs britanniques est en mission de prospection économique à Abidjan.

Les différentes consultations entre les investisseurs britanniques, sous la conduite de l’Ambassadeur de la Grande-Bretagne en Côte d'Ivoire, Catherine Brooker et les membres du gouvernement et le Premier ministre, livrent des secrets. À l’issue de plusieurs consultations lundi 06 février 2023, avec les membres du gouvernement ivoirien, notamment le ministre de la Construction, du logement et de l’urbanisme, Bruno Koné, le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Touré, ainsi que le ministre du Commerce et de l’industrie, Souleymane Diarrassouba, la délégation d’hommes d’affaires britanniques, avec leur tête, l'Ambassadeur de la Grande-Bretagne en Côte d'Ivoire, Catherine Brooker, a été reçue par le Premier ministre.  Il a été question, au cours de la séance de travail entre Patrick Achi et ses hôtes, d’échanger sur le renforcement des relations avec la Côte d’Ivoire dans divers domaines.

A lire aussiSécurité alimentaire et transformation de l’économie: Adjoumani et Vagondo appellent à un sursaut des agriculteurs ivoiriens

Catherine Brooker qui a livré un bout du contenu des échanges, est revenue sur la quintessence des sujets débattus : « Nous avons eu des échanges très riches avec le Premier ministre Patrick Achi, qui ont porté, notamment sur les secteurs de l’agriculture, de la transformation des produits. Nous avons également évoqué les infrastructures, le domaine des mines et de l’énergie », a-t-elle confié.

À en croire la diplomate, la Côte d’Ivoire présente beaucoup d’opportunités intéressantes pour lesquelles les acteurs du secteur privé de son pays et ceux de la Côte d’Ivoire pourraient collaborer. « (…) Nous travaillons au renforcement des rapports entre nos deux secteurs privés, pour développer des partenariats et signer des contrats », a-t-elle souhaité. Au cours des échanges entre les membres du gouvernement et les investisseurs étrangers dans les locaux de la Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) à Abidjan, Plateau, les intervenants ivoiriens les ont convaincus, dans les moindres détails, de la bonne foi de l’État de Côte d’Ivoire à sécuriser les investissements extérieurs. Précisément, dans le domaine de la construction et des logements, le ministre Bruno Koné a présenté aux investisseurs britanniques, toutes les opportunités avec les garanties qui y sont liées. « Le marché est ouvert », a-t-il assuré à ses interlocuteurs pendant son speech.

Des logements décents

Selon le ministre de la Construction, l’idéal pour les potentiels investisseurs est de permettre, conformément à la politique du gouvernement, que tous les Ivoiriens, quels que soient leurs rangs sociaux, puissent se loger décemment. Bien sûr, grâce à l’appui de l’État de Côte d’Ivoire à travers un fonds de soutien. « L’idée est de permettre à quelqu’un qui est au SMIG, de pouvoir se loger décemment, c’est-à-dire de pouvoir habiter dans une maison qui présente un minimum de conditions, pas de confort, mais de salubrité déjà. Une maison qui ne lui coûte pas trop d’argent, parce que selon nos observations, au-delà d’un tiers du revenu, le logement commence à coûter trop cher. Le SMIG étant de 75 000 FCFA, il faut pouvoir trouver ou offrir des logements à 25 000 F CFA à ce type de populations, à quelqu’un qui est au SMIG », a-t-il expliqué.

A lire aussiEconomie numérique: En mission au Maroc, Adama Bictogo dévoile les projets de la Côte d’Ivoire

À la question d’un des participants aux échanges d’avoir une idée sur les avantages des taux d’investissement qui existent, Bruno Nabagné Koné a indiqué que ce qui est offert, est la quasi-gratuité du foncier. « En réalité, ce que vous payez, ce sont les frais de purge de ce foncier, donc de cette superficie au détenteur de droit coutumier. Ce n’est vraiment pas grand-chose, comparé à la valeur réelle de ce foncier sur le marché. L’État vous met à disposition, ces superficies. La deuxième chose que l’État fait, c’est la réalisation des VRD primaires jusqu’au site. Ce sont des coûts qui sont dissuasifs. Ce sont des investissements importants qui sont réalisés par l’État de Côte d’Ivoire. Et la 3e chose que l’État fait, c’est de vous accorder des facilités fiscales qui sont variables, parce que ça dépend du type de projet, de la qualité du projet, du nombre de logements…Donc, ces facilités fiscales sont les exonérations de BIC pendant une bonne durée et une réduction sur les TVA. Nous évaluons entre 30% et 40% l’apport de l’État dans la construction d’un logement social », a-t-il expliqué.

Ensuite, il a indiqué, en contrepartie aux probables investisseurs, que la seule chose que leur demandait l’État ivoirien, c’est d’assurer la réalisation de 60%, de leur programme en logements sociaux. Soit 600 en logements sociaux et les 400 autres, ils étaient libres de les vendre aux conditions du marché.

Le ministre de la Construction a également rassuré sur l’acquisition des logements sociaux, souvent prise en otage par des hommes plus nantis. Il a promis que l’État veille à ce qu’un investisseur, dans le cadre d’un projet immobilier en Côte d’Ivoire, gagne et rentabilise ses investissements.

A lire aussiFinance Internationale: La SFI félicite la Côte d'Ivoire et salue l'implication du secteur privé dans le développement du pays

« Pour ce qui est des investisseurs, le compte est très vite fait. La seule contrepartie qu’on demande à l’investisseur, c’est de s’engager à réaliser 60% de logements sociaux. Tout simplement, parce que nous sommes conscients que sur les logements sociaux, à cause du fait que nous plafonnons le prix des ventes, nous savons que la rentabilité peut être relativement faible. Donc, 12 millions 500 mille FCFA pour ce qui est du logement social, 23 millions FCFA pour ce qui est des logements économiques. Il est parfaitement possible de réaliser des logements rentables, mais nous savons que la rentabilité n’est pas suffisamment forte pour attirer un investisseur ambitieux. C’est pourquoi, nous donnons la possibilité à ces investisseurs de réaliser 40% de leurs projets, de façon libre, mais tout en bénéficiant des conditions qui ont été accordées à l’ensemble du projet. Donc, sur ces 40%, il peut faire de très hauts standings.

Les enjeux des autres secteurs

D’autres facteurs qui présentent divers enjeux des potentialités ivoiriennes, ont été relevés par le Premier ministre, Patrick Achi, et les membres de sa délégation aux visiteurs. Il s’agissait de présenter le dynamisme des infrastructures et la volonté continue de les moderniser par des investissements soutenus. Le secteur agricole performant soutenu par des projets structurants, la volonté de transformer structurellement l’économie par l’industrialisation, la politique en matière de santé pour développer les infrastructures nécessaires afin de répondre aux besoins d’équipements, de cristalliser la mise en place de la Couverture maladie universelle et faire de la Côte d’Ivoire, un hub médical pour la sous-région. L’ambition de la Côte d’Ivoire de demeurer la centrale énergétique de l’Afrique de l’Ouest, tout en accélérant la marche vers un mix énergétique en faveur des énergies propres.

Notons que la Côte d’ivoire, à travers sa politique de promotion des investissements, s’est démarquée en Afrique avec une croissance économique soutenue de 7,1% en 2021, grâce à l’amélioration du climat des affaires et d’une bonne gouvernance. Ainsi, elle a réussi à se positionner comme une destination incontournable pour les affaires dans la sous-région, mais également en Afrique.

Les attractions des investissements directs étrangers

À l’occasion de la mission « UK WEST and Central Africa Investment forum » qui a eu lieu les 19 et 20 octobre 2022 à Londres, avec une importante délégation ivoirienne, dont le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI), conduite par le ministre du Commerce, de l’industrie et des PME, Souleymane Diarrassouba, de nombreuses manifestations d’intérêt avaient été suscitées par les investisseurs britanniques.

En retour, la tenue du « Trade and investment London Business trip 2023 » à Abidjan, vise à poursuivre les échanges déjà entamés à travers des rencontres, des échanges, en vue de transformer les intentions d’investir des hommes d’affaires britanniques en investissements.

A lire aussiÉconomie : Patrick Achi lance officiellement le Programme économique pour l’Innovation et la Transformation des Entreprises

Le CEPICI qui est le guichet unique de l’investissement en Côte d’Ivoire et ses partenaires, par ces actes, attendent formaliser les manifestations d’intérêt recensées et engagées à Londres. Pour ce faire, la Côte d’Ivoire met l’accent sur l’attraction des investissements directs étrangers qui est un levier important à travers des secteurs prioritaires comme le définit le Programme national de développement 2021-2025 dans les secteurs de l’Agro-industrie, la santé, l’industrie textile, emballage…et la transformation structurelle de l’économie ivoirienne.

La mission des responsables d’entreprises britanniques se poursuit par des rencontres avec les acteurs de l’environnement, ainsi que des audiences avec les administrations et prendra fin par une visite de la zone industrielle de Yopougon au PK 24 à Abidjan.

La Côte d’Ivoire engagée dans la modernisation de son économie

Sous le Président Alassane Ouattara, la Côte d’Ivoire qui présente d’énormes potentialités d’investissements agricoles, veut désormais, aller à la modernisation de ce secteur clé de son économie. Pour ce faire, elle a initié le concept d’agropole pour atteindre cet objectif, avec la mise en place d’un hub de transformation sur 100 hectares dans chaque agropole. La mise en œuvre du PNIA de deuxième génération, vise essentiellement à accélérer la modernisation des secteurs agro-sylvo pastoraux.

A lire aussiTransformation structurelle de l’économie: Ces grands paris du gouvernement sur 5 ans

Le ministre des Ressources animales et Halieutiques, Sidi Tiemoko Touré, a exposé à cette tribune, les initiatives menées par son département pour réduire de façon significative, la dépendance extérieure du pays en matière de ressources animales et halieutiques. Il a relevé que le pays a mis en place, la politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture. Ce projet vise trois objectifs, à savoir l’amélioration de la productivité, de la compétitivité et de la filière animale et halieutique.

Venance Kokora

Newsletter
Inscrivez-vous à notre lettre d'information

Inscrivez-vous et recevez chaque jour via email, nos actuaités à ne pas manquer !

Veuillez activer le javascript sur cette page pour pouvoir valider le formulaire