
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de l’approche par étapes, ou « Milestones Approach », conçue par l’AIEA pour accompagner les pays intéressés dans la mise en place de leur premier réacteur nucléaire civil.
L’objectif de cette réunion de haut niveau a pour but d’informer les hauts responsables des structures étatiques sur les étapes et les enjeux de la mise en place d'un programme électronucléaire et de leur faire connaître l'assistance que l'AIEA pourrait apporter à cet effet.
« La Côte d'Ivoire est membre de l'AIEA depuis le 19 novembre 1963. À ce titre, notre pays bénéficie de son assistance technique dans des domaines variés liés aux sciences et aux technologies nucléaires, couvrant notamment la santé, l'agriculture et l'élevage, l'énergie, la sécurité alimentaire, la sécurité et la sûreté radiologique, et la surveillance environnementale. La rencontre d’aujourd’hui s’inscrit pleinement dans ce cadre. La Côte d'Ivoire qui se positionne comme un hub énergétique en Afrique de l'Ouest, doit relever le défi de la fourniture d’une énergie abondante, de qualité et à coût abordable, pour répondre aux besoins nationaux et à ceux du marché régional de l'énergie » a déclaré dans son discours d’ouverture, Soro Souleymane, directeur de cabinet adjoint du ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie et du Pétrole, représentant, le ministre Mamadou Sangafowa-Coulibay
Avant d’ajouter : « À ce jour, notre mix énergétique comprenant 69 % d’énergie thermique, repose principalement sur les combustibles fossiles. La variation des prix de ces combustibles, qui à la base sont très élevés pour certaines de ces sources, affecte directement le coût de production et met en péril l’équilibre financier du secteur énergétique. Tenant compte du contexte mondial marqué par le paradigme de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, il est essentiel d’explorer les options de production décarbonée. Les solutions immédiates sont notamment l’augmentation de la part des énergies renouvelables (hydroélectricité, solaire, biomasse et éolien) dans notre mix énergétique, associée à des initiatives d’économie d’énergie. L’électronucléaire représentant la deuxième source d’énergie bas-carbone la plus exploitée pour la production d’électricité, après l’hydroélectricité, peut non seulement réduire nos émissions de gaz à effet de serre, mais aussi nous permettre de répondre aux besoins énergétiques croissants.
Au regard des récentes avancées technologiques dans le domaine des réacteurs nucléaires, avec le développement de réacteurs modulaires de petite taille (SMR) de 10 à 300 MW, plus adaptés aux réseaux électriques de petite taille comme celui de la Côte d’Ivoire, le Gouvernement considère l'électronucléaire comme une option viable pour l'approvisionnement énergétique à long terme. C’est donc naturellement que notre pays a adhéré à l’initiative lancée par l’AIEA pour l’accompagnement des pays qui souhaitent mettre en place un programme électronucléaire en leur offrant une approche méthodologique adaptée pour l'élaboration d'un tel programme »
Les experts des différents ministères et de l’AIEA et autres représentants de plusieurs entreprises, établiront après les échanges un cadre de collaboration est établi entre les institutions nationales pour l'élaboration d'une politique et d'une feuille de route. Les décideurs disposent d'une meilleure connaissance du rôle de l’assistance de l’AIEA dans la mise en œuvre du programme électronucléaire.
La Côte d’Ivoire, à travers cette initiative, réaffirme son engagement dans la transition énergétique et l’adoption de solutions innovantes pour répondre aux besoins croissants en énergie. Les experts de l’AIEA ont salué les efforts du gouvernement ivoirien et réitéré leur soutien dans la mise en place de ce programme ambitieux, qui s’inscrit dans les perspectives d’industrialisation et de croissance durable du pays.
Venance Kokora