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Entretien/Aka Kouamé Basile, manager de l’AS Tanda :« On n’a pas besoin de 2 ou 3 ans pour organiser le football ivoirien »

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Comment vivez-vous à l’AS Tanda, cette reprise des championnats qui tarde ?

C’est une situation catastrophique pour les clubs et les joueurs. Pour un pays comme la Côte d’Ivoire qui a participé plusieurs fois au mondial, remporté 2 fois la CAN, c’est une situation qui ne nous honore pas. Il n’y a pas un championnat organisé en bonne et due forme depuis environ 2 ans, est-ce que c’est normal ? On vous demande de faire un travail, faites-le bien, organisez les élections le plus rapidement possible pour que le président élu s’installe et mette sa politique en place. C’est lui qui va orienter, avec sa vision, notre championnat et tout va aller pour le mieux. Mais, nous sommes-là, les choses n’avancent pas, ça traine.

 

À qui profite cette situation de report en report ?

Ça n’arrange personne, ça pénalise tous les sportifs. Pas seulement les joueurs, mais toute la chaîne, jusqu’au supporter qui paie son argent pour voir les matches.

 

Comment sortir de cette impasse, selon vous ?

Il faut rapidement faire les élections pour que le président qui sera installé, réussisse à mettre ses idées en œuvre. Tout a été dit, tout a été fait, tout ce qu’il nous reste aujourd’hui, ce sont les élections. Qu’est-ce qui fait le blocage ? On nous dit que les nouveaux textes sont partis à la FIFA, puis à la CAF. Ils seront très bientôt mis à la disposition des présidents de clubs. Mais, entre nous, qui fait la FIF ? Ce sont bien les présidents de clubs. Ce sont eux qui décident de l’orientation de notre football. Ce n’est ni la FIFA ni la CAF qui impose les lois au sein des fédérations. C’est ici d’abord et non ailleurs.

 

Quelle est la situation actuelle au sein de votre club avec les joueurs ?

Si les joueurs ne sont pas payés, ils doivent nourrir leurs familles, comment font-ils ? Tous ces problèmes impactent nos prestations à l’international. Regardez comment l’Asec et le FC San Pedro se sont fait éliminer. On va attendre la FIFA et la CAF d’abord avant d’organiser notre championnat ? Les joueurs sont les plus impactés et c’est le plus grave. Nous n’avons pas le chronogramme de la reprise du championnat, on s’entraîne dans le vide. Les présidents dépensent de l’argent dans le transport, il peut avoir des blessés à l’entraînement, il faut y faire face. Il faut payer les joueurs chaque fin de mois. Qui les paie ? Il faut que la situation se normalise. On n’a pas besoin de 2 ou 3 ans pour organiser le football ivoirien. Il est impossible de dresser un programme d’entraînement, parce qu’on ne sait pas de quoi demain sera fait. Si nous étions qualifiés pour les compétitions africaines, on pouvait comprendre que nous nous entraînions. Le président dépense, il dépense, mais au final, il ne peut plus. Il faut trouver des moyens aux jeunes pour subvenir à leurs besoins et il faut payer les entraîneurs. C’est difficile !

 

Réalisé par Manuel Zako

 

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