
Le tribunal de Paris a déclaré, lundi 31 mars, coupables de détournement de fonds publics les neuf eurodéputés du RN, dont Marine Le Pen, poursuivis dans l'affaire des assistants parlementaires européens. Les douze assistants jugés à leurs côtés ont, eux aussi, été déclarés coupables de recel. Le tribunal a estimé que le préjudice total était de 2,9 millions d'euros (1 901 095 000 F CFA), en faisant « prendre en charge par le Parlement européen des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti » d'extrême droite.
Inéligibilité à l’élection présidentielle avec exécution immédiate
La cheffe de file de l'extrême droite a été condamnée à quatre ans de prison, dont deux ferme aménagés sous bracelet, et à une peine d'inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate. Marine Le Pen a quitté le tribunal avant même l'énoncé de sa peine, après que la présidente du tribunal a annoncé que tous les élus présents seraient condamnés à une peine d'inéligibilité avec exécution provisoire. C'est-à-dire avec entrée en vigueur immédiate, sans possibilité de suspendre cette peine en faisant appel.
Au moment de l'annonce de l'inéligibilité immédiate, le tribunal a expliqué cette peine en mettant en avant son « rôle central » dans le système mis en place pour détourner l'argent du Parlement européen et invoqué « le trouble à l'ordre public et au fonctionnement démocratique ».
Ce jugement pourrait mettre un brutal coup de frein à ses ambitions présidentielles, un objectif qu'elle poursuit depuis plus de dix ans, alors qu'elle a pour l'instant le vent en poupe.
Appel de la décision de justice
Marine Le Pen va « faire appel », a indiqué Me Rodolphe Bosselut, son avocat. « C'est un coup à la démocratie », a ajouté l'avocat, lors d'une brève déclaration à la presse devant le siège parisien du parti, avant de rejoindre sa cliente. « Le deuxième point, c'est que je suis assez consterné – et je le dis lourdement et solennellement – de voir que l'un des motifs qui permet pour le tribunal de retenir l'exécution provisoire est l'exercice par Madame Le Pen d'une défense. La présidente a indiqué que, parce que Madame Le Pen comme les autres prévenus avaient exercé le droit de la défense comme par exemple demandé une prescription – ce qui est la base de n'importe quelle défense de n'importe quel prévenu – il y avait un risque de réitération ou de récidive. C'est totalement et absolument incroyable. Il y a une forme de criminilisation de la défense que je trouve pour ma part extrêmement scandaleuse », a ajouté Rodolphe Bosselut.
Elle tient depuis la matinée une réunion avec les cadres de son parti.
Bema Bakayoko avec RFI.fr