
Entre 2013 et 2024, plus de 900 journalistes ont été tués dans le monde. C’est ce que revèle Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes. Ci-après l’intégralité de son message.
« Depuis 2013, l’UNESCO et les Nations Unies commémorent annuellement, le 2 novembre, la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes. Dans un monde en proie à une recrudescence des conflits armés et à la diffusion massive de fausses informations, le rôle des journalistes n’a jamais été aussi crucial.
Par leur travail essentiel de documentation, d’enquête et de vérification, ils garantissent la liberté d’expression et l’accès à une information de qualité, socle de la vie démocratique. Les journalistes font pourtant l’objet d’un nombre croissant de violences – arrestations arbitraires, cyber harcèlement, agressions physiques, voire assassinats. Un récent rapport de L’UNESCO recense ainsi 162 journalistes assassinés en 2022-2023, constituant une augmentation de près de 40 % par rapport aux deux années précédentes.
Ce phénomène s’amplifie notamment à l’heure du dérèglement climatique, les journalistes jouant un rôle clé dans la dénonciation des crimes environnementaux. L’UNESCO a ainsi récemment recensé une augmentation des attaques contre les journalistes « verts », avec 305 occurrences enregistrées entre 2019 et 2023, soit une augmentation de 42 % par rapport à la période 2014-2018.
Ces crimes ne doivent et ne peuvent pas rester impunis. Or c’est encore aujourd’hui le cas de près de 85 % d’entre eux. L’UNESCO a systématiquement condamné les près de 900 meurtres de journalistes recensés depuis 2013 et s’engage pour briser cette impunité. Notre Organisation œuvre au quotidien à assurer la sécurité et l’intégrité des journalistes. Elle les forme et les aide sur le terrain, mais accompagne aussi les forces de l’ordre, les juges et les procureurs pour mieux protéger les journalistes et faire en sorte de traduire systématiquement en justice ceux qui les font taire.
Avec le Programme de formation aux crimes contre les journalistes, né en Amérique latine en 2013, ce sont ainsi près de 36 000 magistrats à travers le monde qui ont pu s’y former. L’UNESCO éclaire également l’action des décideurs politiques et judiciaires, en enquêtant sur des risques émergents comme le cyber harcèlement des femmes journalistes, et en sensibilisant le grand public aux enjeux de la liberté de la presse –notamment au travers d’initiatives comme cette Journée internationale.
Cette année, cet événement sera d’ailleurs suivi des Journées d’action et de commémoration au Quartier général de l’Union africaine à Addis-Abeba les 6 et 7 novembre 2024, sous l’égide de l’UNESCO, afin de prendre des actions concrètes en faveur de la sécurité des journalistes en périodes de crises et en situations d’urgence.
Ces initiatives sont un appel commun à la fin de l’impunité. En cette Journée internationale, rappelons l’importance de leur sécurité, de leur indépendance et de leur protection pour accomplir leur mission, si cruciale pour la paix et le progrès social » Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO.
Joël DALLY